Deux lances garnies

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Deux lances garnies

Message  Loiset le Ven 24 Mar - 0:07

Loiset revînt au domaine, dans un état qu'il aurait qualifié lui-même d'indigne : cheval crotté, harnois maculé, épée terne, paletot déchiré par endroit...
Il est vrai que les combats de Lyon avaient été violents pendant deux jours. A peine les armées ennemies avaient-elles fui qu'il avait reçu une missive de Ka lui demandant de réunir la garde et de prendre le chemin du Castel Baccard pour une cérémonie importante. Il avait donc prévenu qu'il lui fallait regagner Briançon en toute hâte.
Et le voici devant la poterne, accueilli par la garde en faction.


Dernière édition par Loiset le Sam 1 Avr - 18:24, édité 1 fois
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Re: Deux lances garnies

Message  Loiset le Sam 25 Mar - 11:25

Bonjour Capitaine, lui crie Raoul en s'avançant vers son cheval pour en prendre la bride mazette ! Vous avez une sale mine !

Bonjour Raoul. N'y prête pas attention. Mon cul en a assez d'être sur cette selle, mes épaules sont meurtries par mon harnois, rien d'étonnant à ce que mon visage soit marqué.

Il saute à bas de son cheval et se reçoit lourdement sur ces jambes. Il entre dans la cour, laissant Raoul s'occuper de sa monture. Arrivé près d'un baquet qui recueillait l'eau de pluie collectée par une gouttière, il s'agenouille et plonge la tête dedans. Elle est froide, très froide, mais il garde la tête dedans de longues secondes. Et puis, comme un éclair, il se redresse, cherchant son souffle. Les cheveux et la barbe mouillés, l'eau ruisselante, il se releve et secoue la tête comme pour chasser de mauvais souvenirs. L'eau froide a retendu son visage et effacé un peu ses rides. Il continue sa route, entre dans le logis et se dirige vers sa "pièce", mélange improbable entre une chambre, un atelier et une armurerie. Parcourant les couloirs qui y mènent, il laisse couler à chaque pas un mélange d'eau, de sang et de boue ; mais il n'y prête aucune attention. Il commence à déboucler certaines pièces de son harnois tout en marchant. Enfin il arrive devant la porte et il l'ouvre sans ménagement. Il la claque aussitôt derrière lui une fois entré.
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Re: Deux lances garnies

Message  Loiset le Dim 9 Avr - 18:33

Une heure passa. La porte s'ouvra et Loiset reparut. Son visage était encore tiré et fatigué, mais il était habillé plus proprement : une brigandine rouge à petites lames par dessus une chemise de mailles, une paire de harnois de jambes terminée par des solerets et éperons, et des bras à la mode allemande dont les coutres étaient très pointus et saillants, protégés de petits gardes bras à la manière de brigandine, recouverts du même velours rouge. Son épée balançait à son côté, dans le même fourreau noir que toujours, et sa dague à rondelles de l'autre côté, accrochée à la ceinture. Son cou était protégé d'un col de mailles très fines et il portait des gants de peau clairs. Il tenait une salade milanaise sans visière à la main et sa tête était couverte d'un cale blanc écru. Il remonta le couloir, croisa des domestiques occupés et sortit dans la cour.

Pendant les combats de Lyon, Loiset avait écrit à de vieux compères et leur avait proposé de venir afin de renforcer la garnison. La plupart étaient bourguignons ou picards ; il appela Pierrot et lui demanda si des hommes s'étaient présentés en son nom pendant son absence. Pierrot lui apprit alors la bonne nouvelle : deux hommes d'armes et plus de dix archers et coustillers étaient arrivés trois jours avant lui, évitant Lyon comme il le leur avait indiqué dans sa missive. Le visage de Loiset s'illumina alors. ll pressa Pierrot de chercher les hommes d'armes. Il revînt quelques instants plus tard accompagné de deux hommes. Loiset les reconnut de loin : c'était Guillaume et Collenet, deux vieux amis avec qui il avait passé plusieurs années de campagne.

- Ah ah ! Mes bons vieux compères !, Loiset s'avança à leur rencontre, les bras ouverts, et les trois hommes s'accolèrent bruyamment, à grand renfort de claques dans la dos : visiblement, ils étaient tous trois heureux de ces retrouvailles.
- Par Saint Georges, Loiset ! Mais tu as sale mine ma parole !, dit Guillaume. Guillaume était un solide gaillard bourguignon ; il était vêtu d'un pourpoint délacé, montrant sa chemise d'un blanc douteux. Il portait des chausses noires et un fauchon pendait à sa ceinture.
- Mais c'est qu'il a vieilli, l'animal !, renchérit Collenet. Collenet était picard, de la région de Péronne. Il était petit et il avait le crane aussi chauve qu'un boulet de pierre. Il était aussi mal habillé que Guillaume, signe que les deux hommes étaient en relâche et profitaient du bon temps printanier.
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Re: Deux lances garnies

Message  Loiset le Ven 14 Avr - 0:15

Les trois hommes entrèrent au rez-de-chaussé du logis, dans l'endroit appelé "la salle de garde". Ils s'attablèrent et Loiset posa au milieu de la table trois verres et deux cruchons de vin de pays. Il emplit les verres, ils trinquèrent au cri de "St-Georges Dauphiné" et commencèrent à se raconter les derniers mois de leurs vies, comme pour se mettre à jour de leurs histoires. La discussion était bruyante, enjouée et pleine de bonne humeur. Loiset était décontracté comme rarement il l'était ; la présence de ses deux vieux amis avait un effet bénéfique sur lui et ça se voyait. Ainsi durant près d'une heure, ils firent à eux trois un étonnant spectacle, car en plus de raconter, ils mimaient parfois leurs discours, ajoutant un air théâtral jamais vu dans cette salle basse. C'était grande joie de les entendre et de les voir ainsi. On avait peine à croire que ces hommes si enjoués étaient en fait de terribles guerriers, dont la rudesse de leurs moeurs les tenait éloignée du qualificatif de "gentilz garçons". Ces trois là avaient un funeste palmarès, et pourtant, à cet instant là, on aurait pu leur donner une bénédiction sans douter, tant ils semblaient de bonne composition. Loiset apprit que Guillaume avait été cassé de ses gages il y a un mois, par un capitaine malhonnête (la pratique était malheureusement répandue, même si le Roy avait également pris de terribles mesures envers les capitaines qui étaient pris à le faire), et Collenet avait suivi un détachement en Ecosse et qu'il en était revenu à peine 3 semaines avant de recevoir le message de Loiset à Calais. Bref, ils étaient libres de prendre un nouvel engagement et avaient pris les devant en amenant avec eux des archers, piquenaires et cranequiniers afin d'étoffer la garnison de leur ami. Il y avait des Flamands, des Brabançons, des Picards et des Bourguignons. A deux exceptions près, les hommes avaient connu au moins un affrontement ou coup de main. Ils n'étaient pas 'verts' et feraient la bonne affaire pour une compagnie de morte paye.

Les discussions s'arrêtèrent à la fin du second pichet et Loiset se leva :

- Mes amis, vous vous reposez depuis trois jours ; c'est plus qu'il ne m'en faudrait. Nous devons partir sur le champ pour tenir un castel en lequel mon seigneur Ka Devirieux doit rendre l'hommage. Ce n'est pas très loin mais il faut partir sous peu.
Guillaume vidait son verre tout en se relevant et Collenet s'étirait en l'écoutant.
- Je veux deux lances garnies prêtes à partir dans l'heure. Nous allons au Castel Baccard et renforcerons la garde pour toute la soirée. Faites donner du tambour, je veux passer en revue vos hommes avant le départ.

Et voici que les deux soldats criaient leurs ordres, appelant leur page ou valet, tançant des noms à la volée, frappant dans leurs mains bruyamment. Loiset s'en amusa, avec un air presque nostalgique. Il appela Pierrot, lui dit quelques mots tout bas et il prit le chemin de la cour, là où il inspecterait les lances avant le départ.
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Re: Deux lances garnies

Message  Loiset le Dim 16 Avr - 22:06

Une heure était passée. Salade en tête et flanqué de Guillaume et Collenet, Loiset sortit du logis. L’heure était tardive et déjà la lueur du jour cédait la place à l’obscurité. Il faisait froid et l’air était humide, mais les hommes y semblaient indifférents. Dans la cour les deux lances garnies étaient en ligne : en tout dix hommes. Ils s’étaient rangés par fonction. Loiset remonta la ligne, suivi de ses deux acolytes. Arrivés au bout, Guillaume et Collenet s’alignèrent à leur tour ; c’étaient eux les deux hommes d’armes des lances et c’est par eux que Loiset commença la revue.

- Bien, dit-il, votre ponctualité est à votre honneur.
Il ne pouvait retenir un sourire - il ne les avait pas tellement quitté depuis deux heures et les avait même aidé à s’équiper de leurs harnois, dégageant leurs pages vertement.

- Merci Messire, nous vous présentons les deux lances requises pour votre service. Nous sommes armés et embastonnés et vos gens ne requièrent plus que les ordres.
Il fit un signe de tête et les invita à les suivre à nouveau. Venaient ensuite les quatre archers, de solides gaillards armés d’une salade sans visière, un jazeran de mailles fines, une paire de bras armés et des jambes de même. Aucun ne portait de livrée ou de paletot : c’est un détail qu’il faudrait corriger se dit Loiset. Pour armes, ils portaient une épée, une dague et un arc. Leurs flèches étaient rangées dans un sac accroché à leur ceinture. Contrairement aux franc-archers, ces hommes provenaient de la petite noblesse.

- Hum… Loiset croisa les bras devant eux et commença à se gratter la barbe. Ca ne me va pas. Vos arcs n’auront que peu d’utilité là où nous allons. Rangez-les, ainsi que vos flèches, et prenez à la place des vouges.
Les hommes acquiescèrent et Loiset passa aux suivants : les deux coustillers. Ils portaient des brigandines, moins raffinées que la sienne, des bras et des jambes de harnois et pour se protéger la tête, l’un portait une salade à visière et l’autre un chapel. Ils portaient épées et vouges. C’était bien, pensa Loiset, et il n’attarda pas. Il les remercia et continua. Il finit par les pages et valets qui n’étaient pas armés autrement que d’armes individuelles et ne portaient pas de protection. Il reconnut les deux pages qu’il avait congédié brusquement l’heure d’avant.

- Vous deux, en désignant les pages, vous nous accompagnerez. Prenez des gourdes de vin et des serviettes pour notre service. Les valets resteront ici et se rendront utiles au service du guet.
Loiset ne bougeait plus et réfléchissait. Les hommes attendaient d’être libérés et s’inquiétaient de cette attente.

- Non, une chose manque. Il me faut un arbalétrier !
Mais le seul qu’il avait ne pouvait être retiré d’ici. Ce n’était pas une arme qui supportait l’improvisation. Que faire ? Il repartit en arrière et interrogea les archers, à savoir qui connaissait le maniement d’un tel engin ; par chance, il y en avait un sur les quatre qui savait s’en servir. Loiset afficha un léger sourire.

- Et bien qu’il en soit ainsi ; point de vouge pour toi, tu utiliseras mon arbalète. Le page !
Loiset n’avait pas encore les noms en tête et il était fréquent d’appeler les gens par leur métier ou fonction. Comme prévu les deux pages se penchèrent en avant pour savoir qui des deux était appelé :

- Non, pas toi ! Oui, le grand ! Sors de la ligne et vient ici.
Le page sortit du rang et accourut.

- Va chercher dans l’armurerie une arbalète et la trousse de viretons qui est accrochée au mur. Tu ne peux pas te tromper, il n’y en a qu’une. File !
Le jeune homme détala en direction du logis. Loiset frappa dans les mains deux fois et cria :

- Cassez la ligne, préparez-vous au départ ! Valets, aux chevaux !
Il retourna vers ses deux compères :

- Mes amis, vos gens m’ont l’air bonnes recrues ; mais ce n’est pas ce soir que je pourrais voir leur appertise, nous verrons plus tard. Pour l’heure, allons-y, ne faisons pas attendre plus longtemps mon suzerain.

Les valets arrivaient avec les chevaux des hommes d’armes tandis que le reste de la troupe se pressaient aux écuries pour prendre leur monture.  Rapidement la dizaine pris le chemin du manoir des Baccard, en rang par deux chevaux. Le page était en tête, avec des sacoches bien remplies, puis Loiset, Guillaume et Collenet, et les autres.
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